Regard de Prof. Karim Benyekhlef, « L’idée d’utiliser l’IA pour traduire les décisions de la Cour suprême fait débat »

Prof. Karim Benyekhlef partage son regard sur l’utilisation de l’IA pour traduire les décisions dans l’article « L’idée d’utiliser l’IA pour traduire les décisions de la Cour suprême fait débat » de Lise Denis (Le Devoir, 7 juin 2024).

 

Résumé

 

Le juge en chef de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner, voit un potentiel dans l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour traduire les décisions judiciaires afin de faciliter l’accès à la justice. Toutefois, cette idée suscite des réserves chez les experts. Le directeur du Laboratoire de cyberjustice, Karim Benyekhlef, soulignent les risques de désinformation, de dépendance à des tiers commerciaux, et les particularités de la traduction juridique qui nécessitent une grande prudence. Ils recommandent de ne pas précipiter l’intégration de l’IA et de considérer d’autres outils numériques existants :

 

« Ce n’est pas très prudent de traduire des décisions de la Cour suprême du Canada par le biais d’un simple outil », indique quant à lui le directeur du Laboratoire de cyberjustice à l’Université de Montréal, Karim Benyekhlef. « Entre traduire un mode d’emploi pour un aspirateur et traduire un jugement de la Cour suprême, ce n’est pas tout à fait la même chose. » Il y a des « subtilités, des particularités, des distinctions. C’est l’essence du droit ». Le professeur estime ainsi qu’un tel outil ne pourra « jamais remplacer un traducteur qui est un juriste ».

 

« M. Benyekhlef reproche à la Cour suprême de « sauter des étapes », particulièrement si elle venait à intégrer l’IA dans la prise de décisions. « D’autres outils numériques qui existent et qui peuvent faciliter l’accès à la justice » devraient, selon lui, être priorisés. L’IA peut toutefois simplifier la recherche ou filtrer des informations dans une « masse de documents », souligne-t-il.

 

« Les outils d’intelligence artificielle sont très utiles. […] Je ne suis pas contre […], mais je suis toujours très très prudent parce que je sais que ces outils se trompent, qu’ils ne sont pas performants à 100 %, et qu’un taux d’erreur dans une matière comme le droit, c’est très dangereux. »

 

La Cour suprême manque de ressources pour traduire environ 6000 jugements unilingues publiés avant 1970, un projet estimé à 10-20 millions de dollars et nécessitant une centaine d’interprètes sur 10 ans. Cette situation a provoqué des critiques de Droits collectifs Québec, qui accuse la Cour de violer la Loi sur les langues officielles et envisage des actions judiciaires pour protéger les droits des francophones canadiens. »

 

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Ce contenu a été mis à jour le 8 juin 2024 à 9 h 48 min.

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